Les rafales ont fait tomber des fruits, surtout des avocats chez mes voisin•es dont les arbres n’en avaient jamais porté autant. Alors il faut les manger. On a déjà vu corvée moins appétissante.
La vie sur l’île
On l’entend souvent: tout va plus lentement sur Pico. Ça se confirme avec le rythme pris pour préparer la maison avant l’arrivée de mes affaires: bien trop lent! Aujourd’hui, je guide un groupe de Suisses alémaniques. Donc non seulement le « chantier » est à l’arrêt, mais en plus, les vacances des autres déteignent. J’ai déniché un restaurant dépaysant pour le dîner, alors ma foi, pourquoi pas se résigner à la lenteur? Pour une heure en tout...
Elle était attendue dès midi, et on ne peut pas lui reprocher le moindre retard. Je ramassais des goyaves pour ma première confiture locale quand les nuages ont crevé. Courate sous les gouttes. Après quoi les rafales annoncées sont arrivées: les arbres dansent, les fils électriques tournoient entre les poteaux. L’été finit.
Une rue de Madalena a suspendu la mer. Pour la fête nationale qui, sauf erreur, tombe demain? Quoi qu’il en soit, les vagues claquent au vent. Et avec celui qui est annoncé pour demain (aussi), les poissons pourraient vraiment voler.
2351 mètres. L’altitude du Pic Chaussy, oui, mais surtout celle du volcan au pied duquel je vis désormais: le Pico. Plus haut sommet du Portugal et troisième de l’Atlantique. Et un profil magnifique (surtout depuis le nord-est, mais je n’expliquerai pas ici pourquoi).
Pas facile de réaliser que tout cela est vrai. Des signes montrent quand même que ce doit être le bon choix: l’appétit revient, le sommeil devient moins lointain. Et le moral est bon, pour la première fois depuis environ deux ans et demi. Moins de quarante heures après être arrivé, me voilà déjà promu guide assistant, avec un groupe de vingt-six… Suisses romand•es, dont un Challensois. Il est vertigineux d’imaginer que je verrai leur avion...